Les Dossiers

Azote

Azote, où es-tu ?

Pourquoi est-il nécessaire de chercher à conserver le maximum d’azote dans les engrais de ferme ? D’un point de vue agronomique, le taux de matière organique est déterminant pour le potentiel d’un sol, la valorisation des engrais de ferme constitue donc une richesse.

Le programme d’action à venir amène son lot de nouveautés, applicables dès la prochaine campagne culturale (2013-2014) :

  • La déclaration de flux d’azote devrait se généraliser sur la Bretagne à partir de l’automne 2014. Chacun devra déclarer la quantité d’azote produite, importée, exportée ou utilisée sous forme d’engrais minéral.
  • La « balance globale azote », (apports d’azote – exportations des cultures) devra être équilibrée.

De plus, la conditionnalité PAC exige un équilibre strict de la fertilisation azotée. La dose à apporter se calcule, îlot par îlot, à l’aide des grilles du « GREN1 » et varie selon les rendements des années précédentes (moyenne des cinq dernières années en enlevant les deux valeurs extrêmes). Les apports d’azote sous forme d’engrais de ferme ou d’engrais minéraux ne doivent pas dépasser cette dose.

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CORPEN or not CORPEN

Si l’agriculture pouvait s’écrire en équations mathématiques, le jeu serait simple, mais le monde vivant ne se résume pas à des chiffres. Aussi, nombre d’entre nous aurons constaté qu’ils ne retrouvent pas forcément dans leurs effluents les quantités d’azote calculées au moyen des références CORPEN. Or, toute la traçabilité qui accompagne la fertilisation est basée sur ces références. C’est ainsi que tout ce qui concerne la traçabilité de la fertilisation peut parfois se transformer en véritable casse-tête chinois, avec d’un côté des références théoriques et de l’autre, des mesures de concentration, de volumes, de tonnages… Alors comment faire ? CORPEN or not CORPEN ?

 

Comment quantifier l’azote contenu dans les engrais de ferme?

Les références CORPEN2 ont été établies sur la base de mesures, d’essais, d’hypothèses de type de logement et de conduite d’élevage par des experts d’organisations professionnelles, des instituts et des centres techniques agricoles.

Dans chaque référence CORPEN se trouve le calcul de la quantité d’azote excrétée par les animaux qui correspond, en quelque sorte, à un bilan « entrée – sortie » entre la quantité d’azote ingérée sous forme d’aliment et/ou de fourrage et la quantité d’azote contenue dans les kilogrammes de poids vifs. Cette première étape du calcul de l’azote excrété est la plus facile à approcher : à partir du moment où l’on connaît les quantités d’aliment, leur composition, les kilos de poids vifs sortis, il y a peu de place pour l’incertitude.

Ensuite, il faut réussir à cerner comment se comportent les effluents, dans les bâtiments d’élevage, au stockage et à l’épandage. Les phénomènes de volatilisation sous forme d’ammoniac, des phénomènes de compostage, de décantation de matière dans les préfosses, sont propres à chaque site d’élevage, à chaque pratique d’éleveur, et il est difficile de les quantifier. Ces phénomènes expliquent, pour une part, les écarts constatés entre les références et les valeurs mesurées et il nous faut réussir à les maîtriser pour garder une valeur azotée optimale de nos engrais de ferme.

Quand les bâtiments d’élevage évoluent, quand l’indice de consommation s’améliore, les

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références devraient évoluer. C’est ainsi, par exemple, que sont parues de nouvelles références pour les porcs avec un système de raclage. Les références ne peuvent pas prendre en compte, de manière exhaustive, tous les cas de figure. Il persiste donc souvent un décalage temporel entre les avancées techniques et la reconnaissance officielle qui nécessite un protocole de validation.

Faut-il alors utiliser des mesures ? Les analyses d’effluents sont des indicateurs intéressants, mais il est très difficile d’obtenir un bon échantillonnage. Il est également impératif de connaître précisément le volume d’effluent. Des efforts sont à mener, en installant des débitmètres sur les fosses, en mesurant les densités des fumiers, etc.

Faire correspondre les références avec les valeurs réelles, comment y parvenir ?

La meilleure méthode pour estimer les quantités d’azote contenues dans les effluents se trouve sans-doute à mi-chemin entre les références CORPEN et les mesures réelles. Le BRS3 qui calcule les quantités d’azote rejetées à partir des paramètres réels de l’élevage paraît très satisfaisant. Encore faudrait-il qu’il continue à être reconnu par les instances administratives.

Un outil développé par les instituts de l’élevage, intitulé « Composim », sera disponible à partir de 2014. Il offre une approche intéressante en permettant de quantifier les effluents et d’en estimer la valeur fertilisante, en prenant en compte les performances d’un élevage donné. Il est important de réaliser des analyses d’effluent, de préférence en laboratoire. Même si les résultats ne sont pas forcément utilisables tels quels, ils permettent d’améliorer les pratiques et de déterminer à quels niveaux ont lieu les pertes d’azote.

Exemple J’ai un écart de 20 % de la valeur azotée du lisier entre ma préfosse et ma fosse extérieure. Je peux :

  • essayer de limiter les phénomènes de décantation en préfosse ;
  • couvrir mes fosses extérieures ;
  • brasser moins longtemps mon lisier et plus en profondeur ;
  •  travailler sur la récupération de l’ammoniac dans mes salles d’engraissement…

Ces réflexions sont essentielles à mener sur chaque exploitation et de préférence avant l’élaboration des plans de fumure prévisionnels. C’est sans doute la seule solution pour que les préconisations de fertilisation puissent être respectées et que les rendements des cultures soient préservés. 

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