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Culture

L’artichaut : une culture délicate

Maraichers de père en fils, Gildas et Yves-Marie Le Quéré travaillent ensemble depuis 2003 et sont en Gaec depuis 2007. Ils cultivent artichauts et choux-fleurs dans la région de Plougrescant (22). Découverte.

 

Les rendements, en moyenne, sont de 8 à 10 tonnes l’hectare la première année et de 10 à 12 tonnes la 3ème année. Soit 8 000 pieds par hectare (30 000 têtes) et 3 à 4 artichauts par pied.

Les rendements, en moyenne, sont de 8 à 10 tonnes l’hectare la première année et de 10 à 12 tonnes la 3ème année. Soit 8 000 pieds par hectare (30 000 têtes) et 3 à 4 artichauts par pied.

Goulven Daniel, technicien Production Végétale au Gouessant, les accompagne dans le suivi de ces cultures. Témoin de ce qu’il observe sur les parcelles environnantes, il les conseille sur la fertilisation et les protections phytosanitaires spécifiques aux légumes. « Sans lui, nous n’aurions pas connaissance de la règlementation et des nouveautés. Nous n’avons pas le temps de faire de la veille. Il nous arrive d’appeler Goulven tous les jours et il nous rend visite au moins deux fois par mois » souligne Gildas.

Une présence sans relâche

Préférant un climat doux, l’artichaut est cultivé en bordure de mer. Il n’aime pas les gelées et souffre dès que le thermomètre passe en dessous de -7°C. La récolte se joue à quelques degrés près. « Passer de -3° à -8° peut tout anéantir. En 1963 et en 1987, nous avions tout perdu, se souvient Gildas. Mais on n’arrête pas l’artichaut parce que la saison a été mauvaise. Ce n’est pas le bon raisonnement. »

« La culture de l’artichaut demande beaucoup de soins et de travail manuel, de la plantation à la récolte. Elle requiert une présence sans relâche dans les parcelles. De ce fait, nous travaillons avec un permanent et trois ou quatre saisonniers » précise Yves-Marie.

« Selon le suivi, la récolte peut passer du simple au double. En 2013, nous avons eu des conditions météo très sèches. Pas de pluie de juin à début octobre, alors qu’ils en ont eu 5 km plus loin. Il a fallu arroser, ce qui donne du travail et un cout supplémentaires. »

L’artichaut est une plante vivace qui drageonne, même détruite. La plantation se fait manuellement à l’aide d’une bineuse, à partir des drageons, entre avril et juin selon un procédé qui veut que les plants soient plantés à la densité de 1 par m² pour permettre le binage dans les deux sens. Soit 10 000 drageons en 2 heures à 5 personnes (1/2 ha par heure). Le cycle de l’artichaut varie entre 3 et 5 ans selon la variété (Castel ou Camus).

Une fois planté, il faut surveiller les maladies comme le mildiou ou la graisse de l’artichaut (coup de chaleur), les insectes (pucerons et chenilles) et les mulots en hiver qui se nichent sous les pieds et rongent les racines.

 Être prêts au bon moment pour la récolte

De gauche à droite : Yves-Marie Le Quéré, Goulven Daniel et Gildas Le Quéré. Témoin de ce qu’il observe sur les parcelles environnantes, Goulven conseille les maraichers sur la fertilisation et les protections phytosanitaires spécifiques aux légumes.

De gauche à droite : Yves-Marie Le Quéré, Goulven Daniel et Gildas Le Quéré.
Témoin de ce qu’il observe sur les parcelles environnantes, Goulven conseille les maraichers sur la fertilisation et les protections phytosanitaires spécifiques aux légumes.

La première récolte commence en septembre, jusqu’aux premières gelées de novembre. Plus tôt les 2ème et 3ème années. C’est la 3ème année que les rendements sont les plus satisfaisants. « Il n’y a pas de quotas. Il faut juste en ramasser le plus possible quand le cours est au plus haut. Être prêts au bon moment » remarque Yves-Marie.

La récolte est manuelle et se réalise avec l’aide d’un triporteur qui passe au-dessus du plant. 

« Dans la même journée, nous coupons les artichauts jusqu’à 11h/12h, et ensuite nous les emballons à la ferme. »

Les variétés Camus et Castel se rangent dans des caisses de 9,5 kg (équivalent à 15, 18, 24, 30, 34 ou 42 têtes selon le calibre.)

Et pour les Provinciaux qui en raffolent, le petit Violet est conditionné, soit en cageot de 24, 34, 44 ou 54 têtes pour un poids minimum de 5,5kg, soit en bouquet pour être préparé en poivrade (voir recette). Un bouquet est constitué de 5 têtes comprenant la tige et 2 feuilles pour chacune.

La première récolte faite, les plants sont broyés et buttés. Puis, quelque temps après, ils sont dé-drageonnés (un seul drageon est gardé sur la vingtaine qui se trouvent sous la souche) et deviendra la tête mère). Cette opération se fait manuellement et à genoux.

« C’est un travail difficile, et nous devons souvent faire appel à de la main-d’œuvre étrangère. Par hectare, il faut compter environ 40 heures de travail pour une personne. »

Les saisons suivantes, le dé-drageonnage se fait après la récolte, au même moment que le broyage.

Dégustation

Une fois collectés, les artichauts sont expédiés à l’UCPT de Paimpol (Union de coopératives de Paimpol et Tréguier) qui se charge de la distribution.

Quant au consommateur, il peut l’apprécier sous différentes recettes, cuit ou cru. La meilleure façon de le consommer, pour Gildas, c’est cuit avec une vinaigrette ou à la poêle avec de l’huile d’olive.

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