Les Dossiers

Installation : la Bretagne en action

Au cours de la prochaine décennie, un agriculteur sur deux cessera son activité. Face à ce constat alarmant, les organisations professionnelles et entreprises agricoles multiplient les initiatives comme au Gouessant où un accompagnement sur mesure est proposé aux porteurs de projets afin de sécuriser leurs premiers pas et développer une agriculture plurielle et durable sur le territoire.

Coopérative d’amont par excellence, Le Gouessant véhicule « une image rassurante du fait de sa réputation de sérieux, sa connaissance du métier et son expertise dans les productions animales et végétales » confient les candidats à l’installation. Le Groupe est en effet en mesure de développer une vision globale du projet quels que soient la filière et le système d’exploitation choisi.

Suivi technico-économique rapproché

Pour accompagner ses nouveaux adhérents, la Coopérative propose un appui au montage du projet. La réflexion commune porte sur les aspects économiques, sociaux et développement durable de l’installation. Les deux partenaires creusent ensemble des questions essentielles comme l’organisation du travail, le revenu, les débouchés, le choix d’un modèle contractuel ou pas… Mais également la recherche d'insertion dans le territoire et de développement durable en phase avec les exigences locales et les attentes sociétales.

L’étude, complémentaire de celle effectuée par les centres de gestion, comprend une estimation du prix des bâtiments et de leur rénovation, en tenant compte des équipements d'automatisation et d'économies d'énergie.

Le nouvel adhérent bénéficie également d’un coup de pouce financier à l’installation (aides à l'installation, aides à l'investissement, aides financières pour projets d'avenir...) ainsi que d’un suivi technico-économique rapproché durant les trois premières années d’activité. Du fait de son statut d’adhérent, il peut aussi compter sur l’équité de la Coopérative dans la redistribution du résultat*.

En outre, Le Gouessant met progressivement sur pied un système de parrainage où le jeune peut solliciter les conseils d’un agriculteur expérimenté.

LOGO 4 SOLEILS LONGUEUR FOND BLANCEn contrepartie de ce plan d’accompagnement, il est demandé au jeune adhérent de s’engager dans une démarche de progrès continue à l’image des Fermes 4 soleils, réseau des exploitations de référence Le Gouessant.

 

* À l’issue de sa dernière assemblée générale en juin 2018, la Coopérative a redistribué plus de 35 % du résultat, ce qui représente en moyenne 4 600 € par Unité de Travail Humain. Le montant total du retour sur résultat servi aux adhérents ces 5 dernières années atteint 10 millions d’euros.

En dindes : un vent de jeunesse

Ces deux dernières années, la Coopérative a investi plus de 1 million d’euros pour accompagner la nouvelle génération d'éleveurs de dindes. Une quinzaine de jeunes se sont installés et 20 % du parc de bâtiments a été renouvelé.

L’élevage de dindes occupe au Gouessant quelque 200 000 m 2 de bâtiments. L’état des lieux démographique, dressé fin 2015, se révèle à l’époque alarmant : 66 % des surfaces sont détenues par des éleveurs de plus de 50 ans, et les porteurs de projet ne se bousculent pas au portillon.

Le Conseil d’administration de la Coopérative Le Gouessant décide de passer à l’offensive pour maintenir les surfaces et moderniser le parc. Il vote des aides exceptionnelles à l’achat de bâtiments avicoles : 40 €/ m 2 à taux zéro sur 10 ans ou 10 €/ m 2 sous forme d’aides directes avec engagement de 7 ans. L’obtention de ces aides est conditionnée à la réalisation d’une étude prévisionnelle, à l’engagement dans un contrat de progrès et au respect d’un cahier des charges de production (qualité sanitaire, durabilité, bien-être…).

Ce dispositif attractif a séduit une vingtaine de jeunes éleveurs à ce jour. 20 % du parc a été renouvelé et les forces vives de la production se sont rajeunies. La part des producteurs âgés de moins de 30 et 40 ans a progressé de 14 à 30 % et celle des plus de 50 ans a régressé de 66 à 48 %.

Témoignage d'Anthony, jeune agriculteur

« J’ai besoin de projets pour avancer »

373A0420« Je me suis installé en 2015, à l’âge de 23 ans, sur un élevage de 2 400 m 2 en location sur la commune de Saint-Ségal dans le Finistère. Trouvant le temps long avec deux poulaillers et ayant l’ambition d’investir dans un site en propre, j’ai saisi, en 2016, l’opportunité d’acquérir un site de 3 700 m 2 sur Dinéault, une commune voisine.

Ma surface est montée alors à 6 100 m 2 . Elle était trop importante pour un seul UTH, mais insuffisante pour envisager l’embauche d’un salarié. Une question me taraudait : fallait-il diminuer la surface et rester seul ou, au contraire, l’augmenter pour pouvoir travailler à deux ? Après quelques mois de réflexion, je décide de m’engager vers la seconde hypothèse. Je ne supportais pas la solitude au travail et j’avais besoin de projets pour avancer.

Une nouvelle opportunité s’est présentée avec la reprise, en janvier prochain, d’un troisième site de 2 400 m 2 à Plomodiern. Je pourrai alors économiquement me permettre d’embaucher un salarié sereinement. Mon élevage totalisera une surface de 8 500 m 2 , sur 70 hectares avec 2 UTH. Précisons que la majorité des travaux culturaux seront réalisés par entreprise, hormis les traitements et les épandages d’engrais.

J’ai connu Le Gouessant à l’occasion du Space. J’ai eu la chance d’y rencontrer mon technicien conseil, Philippe, avec lequel les relations ont, d’emblée, été très bonnes. À partir de là, je n’ai pas jugé nécessaire d’aller à la rencontre d’autres organisations de producteurs. Je n’ai d’ailleurs pas regretté mon choix. J’ai aujourd’hui à mes côtés un technicien passionné, compétent, réactif et proche de ses éleveurs. J’apprécie également l’aide directe accordée aux jeunes investisseurs par la Coopérative, à savoir 10 € du m 2 . Ce coup de pouce financier m’a permis d’assurer mon besoin en fonds de roulement pour lancer l’activité, et aussi d’investir dans des fenêtres pour deux de mes poulaillers.

Dans les 10 ans à venir, je n’envisage pas d’augmenter mon parc de bâtiments. En revanche, ayant un fort attrait pour la production végétale, j’ambitionne d’acquérir du foncier tout au long de ma carrière. »

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