Les Dossiers

EGA : à l’heure du bilan

Que faut-il retenir des États Généraux de l’Alimentation clôturés à la veille de Noël ? Synthèse en 7 points et point de vue de Rémi Cristoforetti, directeur du Groupe Le Gouessant.

Répartition de la valeur

Une loi sera présentée au Parlement, vraisemblablement en février, en vue de « rééquilibrer les négociations commerciales et de redonner de la valeur à la production agricole. » Elle vise, selon le Premier ministre, à « garantir des conditions de marchés justes, efficaces et saines. » Le gouvernement s’engage à expérimenter, pendant deux ans, la lutte contre la vente à perte (seuil relevé à hauteur de 10 % pour les distributeurs)  et l’encadrement des promotions abusives (34 % en valeur et 25 % en volume.)

Construction des prix

La construction des prix se fera sur la base des coûts de production, via la mise en place d’une contractualisation rénovée, avec un contrat proposé par les agriculteurs et non plus par les acheteurs.

Plan de développement pour le bio

Un nouveau programme est annoncé en faveur de l’agriculture biologique avec la volonté d’augmenter la surface agricole utile de 6,5 % actuellement à 15 % en 2022 et 30 % à l’horizon 2030.

D’ici la fin du quinquennat, la restauration collective devra proposer la moitié de produits biologiques et locaux aux menus de ses convives.

Engagements des filières

Les plans de filière, demandés aux interprofessions, contiennent des objectifs de développement à 5 ans de l’offre de produits sous signes de qualité ou en production biologique. Exemples : pour le secteur des fruits et légumes, atteindre 50 % de produits certifiés et 25 % sous signes de qualité ; pour la filière laitière, doubler la production de lait bio…

Limitation des pesticides

L’Etat entend renforcer la recherche de solutions alternatives à l’utilisation des produits phytosanitaires. En outre, les fournisseurs agricoles ne pourront plus à la fois vendre des pesticides et conseiller les agriculteurs.

Bien-être animal

Le délit de maltraitance animale sera inscrit dans la loi, avec des sanctions renforcées (transport, abattoirs…)

Lutte contre le gaspillage alimentaire

Les GMS et les cantines auront l’obligation de donner les excédents alimentaires à des associations. Les distributions de bons alimentaires pour des produits frais seront encouragées entre enseignes, associations caritatives et collectivités locales.

« Des réalités économiques incontournables »

« La coopération agricole salue l’initiative prise par le Gouvernement afin de repenser de manière collective, dans un esprit constructif, le système agroalimentaire français. Les 14 ateliers de travail ont fait émerger un diagnostic commun : l’urgente nécessité de changer de paradigme pour, à la fois, améliorer les revenus des agriculteurs et garantir une alimentation saine et de qualité à l’ensemble des Français.
Coop de France rappelle, néanmoins, qu’au delà de la Charte d’engagement signée auprès du Ministre de l’Agriculture, il est indispensable que ces efforts de concertation et cette volonté partagée par l’ensemble des acteurs trouvent une traduction législative rapide afin d’avoir un impact concret et mesurable sur les négociations commerciales 2018.
Concernant le deuxième chantier des EGA relatif à une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous, Coop de France a formulé de nombreuses propositions visant à accompagner les filières agricoles et agro-alimentaires dans la réalisation des transitions écologiques, énergétiques et sociétales qui sont autant d’opportunités de création de valeur au travers de produits mieux adaptés aux demandes des consommateurs.
Coop de France souhaite néanmoins rappeler que ces transitions ne pourront aboutir que si les enjeux économiques sont réellement pris en considération. Ces enjeux sont bien entendu liés à notre contexte national, mais également – et surtout ! – aux contextes européen et international.
Les décisions que le gouvernement s’apprête à prendre ou à impulser doivent donc être réalistes, car les agriculteurs adhérents de coopératives ont besoin de politiques opérationnelles. »

Rémi Cristoforetti, directeur du Groupe Le Gouessant

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