Les Dossiers

50 ans du Gouessant

1964 – 1974: La vision déterminée des pionniers

En 1964, une poignée de pionniers donne naissance à la coopérative de l’Urne et du Gouessant. Un demi-siècle plus tard, Le Gouessant est devenue une entreprise qui compte dans l’Ouest avec 4000 adhérents et 730 salariés. Retour sur l’effervescence de la première décennie de développement.

« Un acte de foi »

« Il fallait être déterminés et un peu inconscients pour lancer une coopérative dans la région de Lamballe, là où d’autres s’étaient déjà cassés les dents ! Les agriculteurs locaux se sont pourtant engagés en souscrivant au capital. C’était un acte de foi dans un projet collectif pour construire un avenir meilleur et autonome.Untitled-1

La création de la station de conditionnement des pommes de terre, en 1968, a été une étape décisive. Cet outil industriel nous a permis de dégager rapidement des résultats et de contrôler la majorité de l’activité régionale. Plutôt que d’expédier des sacs de pommes de terre de 25 kg sur la région parisienne comme cela se pratiquait jusque-là, nous avons eu l’idée de les proposer en petits conditionnements de 2 kg… et ça a très bien fonctionné.

Quelques années plus tard, nous avons reproduit un schéma quasi similaire en produisant et en conditionnant les œufs.

Pour nous développer, il fallait être bons et efficaces, miser sur la qualité des hommes et leur formation.

Notre but était d’apporter le maximum de services aux agriculteurs avec le minimum de frais généraux dans un rayon d’activité relativement limité. Nous avons accompagné l’évolution technique, informé et formé les adhérents, regardé par dessus le talus ce qui se faisait ailleurs, notamment aux Pays Bas, en matière de réseaux de commercialisation. Nous avons développé de nouvelles techniques, créé des niches, tout en veillant à la solidité financière et en cultivant l’esprit de conquête. »

« L’esprit de famille »

« Le démarrage a été épique ! »

Entre février et juillet 1964, il a fallu tout construire sur le terrain acquis par la coopérative à la Gare d’Yffiniac. Les futurs sociétaires, leurs enfants et les premiers salariés ont participé bénévolement au terrassement et au montage des silos.

Nous étions tous investis à fond dans l’aventure. Nous avions le sentiment que notre vie en dépendait. Il fallait que ça marche coûte que coûte pour améliorer l’ordinaire des familles de petits cultivateurs qui ne trouvaient plus à écouler leurs légumes localement.

Pierre Vivier a été recruté le 1er juin 1964, un mois avant le démarrage officiel d’activité de la coopérative. Il a fait toute sa carrière au Gouessant, notamment en tant que responsable du dépôt d’Yffiniac, puis de l’usine de Lamballe, avant d’intégrer la pharmacie. Il a été également le 1er secrétaire du Comité d’entreprise. Il est ici devant les silos construits en 1964 à la Gare d’Yffiniac.

Pierre Vivier a été recruté le 1er juin 1964, un mois avant le démarrage officiel d’activité de la coopérative. Il a fait toute sa carrière au Gouessant, notamment en tant que responsable du dépôt d’Yffiniac, puis de l’usine de Lamballe, avant d’intégrer la pharmacie. Il a été également le 1er secrétaire du Comité d’entreprise. Il est ici devant les silos construits en 1964 à la Gare d’Yffiniac.

La concurrence était déjà rude à l’époque avec les négociants du secteur et des coopératives puissantes telles que La Briochine et Landerneau.

Les affaires étaient sans pitié. Des coopératives lamballaises avaient fait faillite l’année précédant la création du Gouessant.

Certains ne donnaient pas cher de notre peau, alors on s’est accroché pour réussir.

On déchargeait l’engrais et les produits du sol qui arrivaient directement par train en gare d’Yffiniac pour les stocker dans le magasin. On collectait les céréales en vrac. C’était une première dans la région car, auparavant, les agriculteurs les livraient en sacs de 100 kg. On triait les flageolets. On déchargeait les oignons en début de soirée, et on les expédiait vers minuit sur Caen, Paris… Les journées de travail de 14 ou 15 heures ne nous faisaient pas peur. On avait la foi. Plus on en faisait, plus on était content.

Grâce à l’acharnement des pionniers, l’essor a été rapide. Nous avons collecté 16500 quintaux de céréales la première année, soit plus qu’espéré. Fin 1964, nous comptions déjà 365 adhérents pour 4 salariés : Jean Ruffet, directeur, Louis Douard, chauffeur, Jean Guernion et moi-même en tant que commerciaux polyvalents. Par la suite, d’autres jeunes, enfants d’agriculteurs, ont été recrutés pour accompagner le spectaculaire développement des productions animales. Pour eux comme pour nous, c’était un honneur de travailler à la coopérative aux côtés de M. Ruffet.

La réussite du Gouessant tient, je crois, à la ténacité et à la vision stratégique du conseil d’administration qui a su organiser la production et la commercialisation des produits de l’amont à l’aval. Elle doit aussi à la bonne gestion de la direction, à la confiance des adhérents et au dévouement des salariés.

Tous ces gens là ont su ensemble provoquer la chance. Ils se sont retrouvés autour d’un objectif commun : contribuer au mieux-être des paysans en partageant le même esprit de famille. »

 

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