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Blé : viser la quantité de protéines à l’hectare

Pour fabriquer des aliments FAF pour porcs charcutiers de qualité à moindre coût, le raisonnement commence au champ. Objectif : maximiser la quantité de protéines produites à l’hectare. Voici comment…
Chaque pourcent de protéine en plus dans un blé permet d’économiser 1,70 € par tonne d’aliment reconstitué, et ainsi de gagner 0,40 €/porc. En ces temps de crise, toutes les marges de progrès méritent d’être explorées, en particulier l’amélioration de la valeur nutritionnelle des céréales à paille entrant dans la fabrication des aliments à la ferme. « Rien ne sert de viser un taux de protéines élevé s’il pénalise le rendement. Vous aurez en effet la qualité mais pas la quantité. Aussi, l’indicateur le plus pertinent pour conduire un raisonnement économique cohérent reste la quantité de protéines produites à l’hectare » estime Guillaume T. du service Agrofournitures du Gouessant.

Compromis entre rendement et taux

Pour l’optimiser, l’agriculteur ne peut malheureusement pas agir sur le climat ni sur le terroir dans lequel se situe son exploitation. Il peut néanmoins « adapter la variété aux conditions pédoclimatiques de la parcelle. Au-delà des critères agronomiques (alternativité, précocité, résistance aux maladies), il faut rechercher le meilleur compromis entre le rendement et le taux de protéines. Mais attention : ce n’est pas la variété qui fait la protéine. Dans un même secteur géographique, nous constatons des écarts allant de 8 à 12 % de protéines dans les blés. Ils s’expliquent essentiellement par des différentiels pédoclimatiques et de conduite culturale. »

Précision de la fertilisation azotée

À cet égard, le plan prévisionnel de fumure ne suffit plus à déterminer la dose d’azote à apporter. « Il faut piloter la fertilisation avec précision,déclencher le 1er apport pas trop tôt et pas trop fort, puis ajuster le fractionnement et la dose » (voir schéma). Les outils d’aide à la décision, comme le N-Tester et le drone, permettent aujourd’hui de moduler le dernier apport d’azote en intraparcellaire aux stricts besoins de la culture. À la clé : un gain de temps, une qualité de grain et un rendement optimisés, sans aucun gaspillage ni atteinte à l’environnement. « L’homogénéisation de la fertilisation azotée permet de gagner entre 5 et 6 quintaux supplémentaires par hectare » conclut notre spécialiste en productions végétales. L’expression du potentiel de toutes petites graines peut donc peser lourd dans le silo à l’arrivée.
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