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Aquaculture : levures, algues et insectes bientôt au menu

Pour servir une demande mondiale croissante et poursuivre sa démarche de durabilité, la filière aquacole recherche des protéines de substitution. Entretien avec Samuel-Pierre Camus, directeur Le Gouessant Aquaculture.

Quels sont les principaux axes de recherche pour Le Gouessant Aquaculture ?

Samuel-pierre camus : « Notre recherche et développement a plusieurs missions dont une essentielle pour le futur : substituer les produits d’origine marine dans l’alimentation des poissons par d’autres sources, sans altérer les performances zootechniques et économiques de nos clients.

D’un point de vue nutritionnel, les farines et huiles de poisson sont importantes pour répondre aux besoins spécifiques des espèces élevées, la plupart étant carnivores.

Si leur proportion dans les formules a déjà été divisée par 4 en quelques décennies, nous devons continuer cette démarche de développement durable par la recherche de solutions alternatives. »

Quelles sont les alternatives que vous étudiez ?

« Nous étudions, dans le cadre de projets de recherches tels que ninaqua, les protéines issues de levures inactivées, les hydrolysats de protéines animales transformées d’insectes (PAT) et les protéines ou encore lipides extraits d’algues, les fameux oméga 3 et oméga 6. Ces matières premières sont en effet des candidats crédibles à la substitution des farines de poisson. »

Comment le programme ninaqua avance-t-il ?

« Après deux ans de travail, nous arrivons à mi-parcours de ce programme dont Le Gouessant est porteur. Suite aux phases de recherche et de tests en structures expérimentales (INRA, Ifremer, Institut Pasteur), nous allons prochainement passer aux productions à Saint-Aaron, puis aux essais terrain.

En parallèle, notre R&D approfondit les études sur les algues et les pat d’insectes dont l’utilisation en aquaculture vient d’être autorisée par la réglementation européenne en juillet dernier. »

Quels sont les fournisseurs potentiels de protéines d’insectes ?

« Le feu vert donné par les pouvoirs publics accélère le rythme de recherche et développement de la dizaine de start-up françaises positionnées sur ce secteur en devenir.

Deux d’entre elles sont d’ailleurs assez avancées puisqu’elles disposent de pilotes de production semi-industriels. Le Gouessant aquaculture est en contact avec l’ensemble de ces acteurs, et s’ouvre aux opportunités de partenariat qui pourraient se présenter. »

Comment ces PAT sont-elles produites ?

« Les vers de farine ou les mouches soldats sont les insectes qui ont été retenus par les producteurs qui élèvent leurs larves sur des substrats végétaux autorisés, par exemple le son de blé, les betteraves, les fruits et légumes déclassés ou invendus… Chacun ayant sa méthode pour minimiser les coûts des intrants. »

Imaginez-vous d’autres applications pour les PAT d’insecte ?

« Sous réserve que la réglementation évolue en ce sens, il est tout à fait possible qu’elles soient un jour utilisées en volailles, les insectes faisant partie du régime « naturel » des poules, comme dans la basse-cour de nos grands-parents. »

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